Québec dans la LNH - Accélérer le processus
L'implication possible de Quebecor devrait permettre aux promoteurs intéressés à redonner à la ville de Québec la place qui lui revient sur l'échiquier du hockey professionnel d'accélérer le processus.
Au cours du week-end, le président et chef de la direction de Quebecor, Pierre Karl Péladeau a confirmé son intérêt relativement au retour de la Ligue nationale dans la Vieille Capitale.
Maintenant que le Canadien a orienté sa gestion du côté de la famille Molson et de quelques sociétés ontariennes, on saisit rapidement que le grand patron de Quebecor mettrait à la disponibilité de la formation québécoise le plan qu'il avait soumis pour l'achat du Tricolore, un plan qui regroupait plusieurs alternatives dans le but de promouvoir l'image de la société sportive.
On identifie entre autres:
La téléphonie.
Un contrat de télévision avec une nouvelle chaîne spécialisée dans le domaine du sport.
Un plan de marketing offrant plusieurs options aux acheteurs potentiels.
La possibilité de compétitionner au même niveau que l'éternel rival à l'autre extrémité de la 20.
Par ailleurs, on ne peut nier que le retour de Québec sur la scène du hockey de la Ligue nationale soulève plusieurs interrogations.
Québec peut-elle répondre aux exigences de plus en plus écrasantes du sport professionnel?
A-t-on un marché suffisamment imposant pour remplir un stade de 18 500 sièges?
Le marché publicitaire et commercial est-il assez vaste pour deux équipes professionnelles?
Pourrait-on créer l'effervescence au niveau des abonnements saisonniers avec des prix allant jusqu'à 11 000 $ pour une paire de billets?
Jouer dur dans les coins
À l'époque des Nordiques, Me Marcel Aubut et son groupe tordaient souvent les bras des grandes sociétés pour qu'elles accordent à la concession québécoise les mêmes avantages qu'au Canadien. Il fallait jouer dur dans les coins pour augmenter les revenus, pour garder la tête en surface.
Il fallait constamment appliquer «la loi du partage» et fortement suggérer aux grandes sociétés que si elles décidaient d'investir plus de 150 000$ pour une loge corporative au Forum, à l'époque, il ne fallait pas oublier qu'il y avait une autre équipe à Québec sinon les produits qu'elles représentent risquaient le boycottage.
Disons que les temps ont changé depuis le début des années 90 : La Ligue nationale s'est dotée d'un plafond salarial, elle a aussi implanté un système de partage des revenus pour les équipes en difficulté, les contrats de télé, sans représenter le Klondike, sont plus alléchants et les joueurs et les propriétaires sont devenus des partenaires.
Certains avanceront que les Nordiques ne pouvaient plus vivre avec une masse salariale de 20 millions de dollars et moins, comment une nouvelle concession pourrait-elle joindre les deux bouts avec "un plancher salarial" de 40 M$ ? Mais c'était il y a 20 ans ou presque.
Et c'est la raison pour laquelle il y a le système du partage des revenus.
Le Canadien ne casse rien
Ce qui devrait encourager les promoteurs à accélérer le processus, c'est tout d'abord l'intérêt du gouvernement du Québec et la possibilité d'obtenir un prêt de 100 M$. Et la possibilité d'un partenaire d'affaires comme Quebecor ouvre assurément de nouveaux horizons.
L'équipe pourrait, dès le départ, jouir d'un intéressant contrat de télévision. Un contrat exclusif sans oublier un autre investissement majeur au niveau du nom de l'amphithéâtre.
Par contre, la construction d'un nouveau centre sportif est un incontournable si on veut attirer l'attention des penseurs de la Ligue nationale de hockey. Et, une équipe professionnelle ne peut pas tenir le coup bien longtemps si elle n'a pas le plein contrôle de l'amphithéâtre.
Le Canadien réalise des profits élevés parce qu'il évolue dans son propre édifice. Parce que les propriétaires peuvent aussi utiliser l'amphithéâtre sept jours sur sept, 365 jours par année, en présentant des spectacles, des concerts et aussi des événements sur glace.
C'est évident que le retour du hockey à Québec obligerait les penseurs du Centre Bell à être plus vigilants dans les opérations quotidiennes de l'équipe.
Curieusement, le Canadien ne casse rien relativement aux performances depuis le départ de Serge Savard et aussi depuis la disparition des Nordiques. À Montréal, on ne s'applique plus avec autant d'emphase, comme à l'époque de Savard, sur le développement et l'embauche des joueurs francophones.
Une chose est certaine, la vraie compétition soulève les passions et invite au surpassement.
Le dossier du retour de la Ligue nationale de hockey à Québec fera passablement jaser au cours des prochains mois, surtout si les concessions chancelantes du hockey professionnel ne parviennent plus à garder la tête en surface.
Source: Journal de Québec




