La belle chicane
Après avoir vu les Canadiens lui échapper de justesse, Pierre Karl Péladeau souhaite maintenant ramener une équipe de la Ligue nationale à Québec.
Quatorze ans après le départ des Nordiques, et vingt-trois ans après le légendaire but d'Alain Côté (qui fait encore jaser tous les gérants d'estrade de la province), les résidants de Québec se rapprochent un peu plus de leur rêve.
ON N'EST PLUS EN 1995
J'espère sincèrement que cette fois, le grand patron de Quebecor va remporter la joute.
Car entre vous et moi, c'est bien beau, des séries comme Canadiens-New York ou Canadiens-Boston, mais rien ne vaut la bonne vieille rivalité Montréal-Québec.
D'autant plus que beaucoup d'eau a coulé sous le pont Pierre-Laporte depuis 1995.
Québec n'est plus le p'tit loser de la cour d'école, avec de grandes oreilles et des dents de lapin. La ville a grandi. Elle est grande, belle et bien dans sa peau.
Je viens d'y passer trois semaines avec ma femme et mes enfants. Si ce n'était pas de la maudite température qui m'a obligé à me terrer dans les Galeries de la Capitale (un centre commercial surréaliste qui semble avoir été construit par un architecte qui se shootait à la sloche et fumait de la barbe à papa), j'aurais été l'homme le plus heureux du monde.
Pas de farce. Contrairement à Montréal, qui tombe littéralement en morceaux, Québec pète le feu.
Plus joyeux que ça, tu pisses des confettis.
UN DUEL MYTHIQUE
Vous imaginez un duel Montréal-Québec dans ces conditions?
Ça serait malade.
Cela dépasserait le stade d'événement sportif. Ça deviendrait mythique, culturel, politique.
Comme si on mettait Youpi et le Bonhomme Carnaval dans une cage, et qu'on leur disait: «Battez-vous jusqu'à ce que l'un de vous deux tombe, tous les coups sont permis.»
La poutine d'Ashton contre le smoked meat de Schwartz, le Petit-Champlain contre la Place Jacques-Cartier et les plaines d'Abraham contre le parc du mont Royal.
Ça ne serait plus deux équipes de hockey qui s'affronteraient, mais deux conceptions du Québec.
Québec-la-francophone contre Montréal-la-multilingue. L'édredon contre la courtepointe.
Le creuset contre le melting pot.
Une sorte de Commission Bouchard-Taylor, mais avec des patins.
LE FESTIVAL DES COMPLOTS
Ma chronique d'hier sur les zozos qui croient que l'homme n'a jamais mis les pieds sur la Lune m'a valu les remontrances des fanas des théories du complot.
Tout y est passé: le 11 septembre (planifié par les Américains), les invasions extra-terrestres (camouflées par les Américains), l'attaque contre le Pentagone (inventée par les Américains), le complot de domination des Juifs (financé par les Américains), l'assassinat de Lady Di (tuée par les Américains), etc.
Chaque fois, on me sort pour preuve une vidéo ou une photo «trouvée sur Internet».
«Il ne faut pas croire tout ce que les journalistes nous disent», m'a écrit un adepte des complots.
Juste les niaiseries qu'on trouve sur la Toile...
C'est fou comme les sceptiques perdent leur sens critique quand ils ouvrent leur ordi, non?
«JE SAIS»
Le philosophe Robert Redecker a bien expliqué pourquoi les théories du complot sont si populaires auprès des losers:
«L'adepte de ces théories s'épanouit dans le sentiment de détenir un secret d'une extrême importance. Il jouit d'en savoir plus que les plus grands savants. Il éprouve l'ivresse d'avoir réussi à déjouer un piège collectif dans lequel l'humanité ordinaire tombe. Il se découvre plus malin que le conspirateur qui, sous des guises diverses, trompe l'humanité depuis des siècles...»
Source: Journal de Montréal



