L'ancien propriétaire et président des Nordiques de Québec et actuel président du Comité olympique canadien semble toujours pressé, pour tout. Ériger un nouvel amphithéâtre multifonctionnel de 400 millions $ ou lire les notices biographiques des boursiers de la Fondation Nordiques, comme c'était le cas vendredi, même combat.
«Avec moi, tout est pour hier!» lance Aubut, quand on essaie de lui soutirer une date butoir. «Au Canada, il n'y a pas d'autre ville assez grosse qui n'en a pas [d'aréna moderne], on est la seule. C'est quoi cette histoire-là?» dénonce-t-il sans détour.
Quant au lien direct entre la construction d'un nouvel amphithéâtre et le retour de la Ligue nationale de hockey (LNH) à Québec, Aubut se montre d'abord inflexible. «C'est un équipement pour la population, pas pour un club de hockey», tranche-t-il. Et d'enchaîner : «On ne peut pas parler d'une équipe de hockey sans garantir un édifice, sinon c'est comme courir avant de marcher. Si on n'a pas d'édifice, ils [les décideurs de la LNH] ne nous téléphoneront même pas!»
Puis il pondère un peu. «Peut-être que l'amphithéâtre n'a pas besoin d'être bâti, mais on doit garantir qu'on va le bâtir», assure celui qui dit parler «régulièrement» avec Gary Bettman, le commissaire et grand ordonnateur de la LNH. «Le nom de Québec est toujours omniprésent [dans les discussions], mais ça n'aura aucun sérieux tant qu'on n'aura pas d'édifice garanti. Parler du fait que Winnipeg et Phoenix pourraient faire une cédule conjointe en 2011, c'est une perte de temps! À Québec, ça nous prend un édifice neuf de 400 millions $ prêt à livrer.»
Quant à l'acharnement apparent de Bettman à vouloir conserver certains marchés des États-Unis malgré l'impopularité du hockey plus au sud, Aubut n'y voit aucune forme d'anticanadianisme. Bettman et son adjoint, Bill Daily, «y ont mis tellement d'effort qu'ils vont tout faire pour que ça marche, jusqu'à la dernière goutte de sang, expose Aubut. Ce n'est pas juste pour une question d'ego. Ils sont très, très loyaux envers les propriétaires et les amateurs de ces villes-là où ils ont amené le hockey.»
Ne pas manquer le bateau
Au sujet d'une possible candidature de Québec pour les Jeux olympiques, le nouveau patron de l'olympisme canadien martèle que «2015 [année d'attribution des Jeux d'hiver de 2022], c'est demain! Si on attend trop, on va manquer le bateau». Il dit faire confiance aux «bons leaders» que compte Québec, nommant le maire Régis Labeaume, le premier ministre Jean Charest, l'homme d'affaires Jacques Tanguay et le président d'Équipe Québec Claude Rousseau.
Équipe Québec est ce comité créé par Charest afin d'étudier en profondeur les dossiers d'un nouvel amphithéâtre et d'une candidature olympique pour la capitale, justement. «Pour l'amphithéâtre, on va être fixé cet automne», assure d'ailleurs Rousseau.


